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:: Edward Gorey ::

 
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Coppélia
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MessagePosté le: Ven 28 Nov - 22:41 (2008)    Sujet du message: Edward Gorey Répondre en citant

Un autre de mes dessinateurs bien-aimés... Edward St. John Gorey est un dessinateur (et écrivain, on l'oublie souvent) américain, mort le 15 avril 2000, mais dont la date de naissance est un petit mystère en soi... nous ignorons s'il est né le 22 ou le 25 février de l'année 1925.
Cela a tout de même son importance, dans cet aspect de flou dans lequel a toujours tendu Gorey.



Vous le connaissez peut-être pour ses dessins macabres, fantaisistes et enfantins, qui inspirèrent nombre d'artistes. Je vois son âme dans les dessins et l'univers de Tim Burton.

Edward Gorey est né à Chicago, dans une famille très particulière. Et pourtant, c'est d'une seule personne de cette famille qu'il hérita, dit-il, son inspiration. Sa mère, Helen Dunham Garvey et son père, Edward Lee Gorey, journaliste, divorcèrent en 1936 pour se remarier en 1952. Au divorce, il avait 11 ans, au remariage, 27. L'une de ses belles-mères est Corinna Mura, chanteuse de cabaret qui fit une apparition dans le film Casablanca. Et cette personnalité qui lui emmena tout, c'est sa grand-mère qui, au XIXème siècle, fût une illustratrice de cartes d'anniversaires,de Noël, ce qu'on appelle les Greetings Cards.... la fameuse grand-mère, Helen St. John Garvey,.
Il alla à l'université - où il fréquenta le poète Frank O'Hara - , alla à l'armée vers 1944, et devint illustrateur proffessionel en sortant de The School of The Art Institute of Chicago en 1943, même s'il pensait fortement que l'Art ne s'apprenait pas.
A ce moment, il illustra tout de même La guerre des mondes, les oeuvres de Dickens (ci-dessous)... et travailla pour le New-Yorker, ou l'on rencontre également un dessinateur aux mêmes aspirations, Charles Addams.



Old Possum's Book of Practical Cats de T. S. Eliot (qui donna naissance à la comédie musicale Cats d'Andrew Lloyd Weber, que vous connaissez peut-être). Il serait d'ailleurs inconvenant de ne pas préciser la passion qu'éprouvait Gorey pour les chats.



Et le Dracula...





...de Bram Stocker (pour lequel il travailla également sur la comédie musicale de 1977 à Broadway, où il gagna un prix pour les costumes).

Gorey ne s'est jamais marié, et a toujours clamé qu'il n'avait que très peu d'interêts dans les affaires de coeur. On a souvent parlé de sa (réelle) envie de solitude, même s'il appreciait la venue d'étrangers, et que ses proches le disaient génereux.
De fait, son inspiration la plus forte vient du XIXème siècle, l'époque victorienne voire edwardienne, pour lequel il avait un amour inconsideré. Sweeney Todd, le dernier film de Burton semble d'ailleurs directement sorti des oeuvres de Gorey.
Ses femmes sont etherées, diaphanes ou brunes comme des italiennes, si elles ne sont pas envoutées par une force venue d'ailleurs, elles semblent errer eternellement, ou à la recherche de nouvelles lubies. Il n'est pas rare qu'un monstre ailé vienne les visiter, endormi au pied du lit quand la Dame lit, ou assis sur la table quand la Dame prépare un philtre...



Son art, morbide et enfantin, surréaliste et gothique, clairement ancré dans un XIX ème siècle revisité, est tout simplement sublime, à mon humble point de vue.
Enfantin car les ombres des ces êtres parcourent en long et en travers son oeuvre, mais en précisant dès le début, que les enfants ne l'interessaient guère. Je crois qu'il voyait d'abord l'enfant dans l'adulte, et qu'il voyait dans les enfants des petits adultes (comme cette oeuvre, où un bébé aux yeux ronds, nous fixe, une tétine dans la bouche, à quatre pattes sur la dépouille d'un ours blanc, avec en sous-titre, l'assurance que ce bébé deviendra un jour un thug)... de fait, il ne faut pas croire que l'innocence ne cache pas un avenir sombre, ou que l'enfance est exempte du noir et de la tristesse que l'on prête au monde des adultes... tous ces enfants se révèlent curieux, un peu tête en l'air, des répliques de Peter Pan ou de l'Alice de Lewis Carroll, et quand leur vient l'envie d'aller plus loin, ils meurent, comme le montre l'excellent abécedaire des Gashlylcrumbs Tinies, où la Mort semble rôder comme une mère...



...où chaque enfant, dont le prénom est une lettre de l'alphabet, meurt de façon violente. Ce n'est pas que Gorey n'aimait pas les enfants, comme certains ont cru judicieux de remarquer, mais bien que pour lui, comme pour certains d'entre nous, Enfance et Mort font parfois bon ménage, et ce, contrairement à tous les biens-pensants qui expriment le contraire, et qui diffusent cette idée d'enfance toujours et imortellement joyeuse... impossible par exemple, de ne pas voir dans le court-métrage Vincent de Burton, une reference à peine voilée à ce grand Monsieur.

Mr Gorey a tout compris à l'enfance, et à ses démons. La solitude (chaque enfant semble être abandonné à lui-même), la tristesse et l'incompréhension (voire, tout simplement, de l'humour très noir), des petits êtres de bonne famille comme des poupées qui errent (toujours) dans des décors trop beaux pour eux, ou regardent par la fenêtre, où l'on n'aperçoit qu'une touffe de cheveux et leurs yeux emplis d'innocence, leur envie d'aller plus loin, d'être, comme dirait Maurice Sendak "maître de toutes choses sauvages". Dans ses dessins, on s'attend toujours à retrouver l'ombre de Jack l'éventreur, d'Alice et ses soeurs Edith et Lorina, de quelques vampires dont Carmilla, de Sweeney Todd bien sûr, de petits démons malicieux, et des lecteurs des Penny Dreadfuls...
Edward Gorey, c'est une imagination sans bornes, des contes toujours macabres et drôles, un trait énigmatique et élégant Victorien, l'enfance et la causticité mélangée, une véritable Phantasmagorie.









Sans compter sa passion du surréalisme...


Le charmant douteux invité...


 
Et parce que Gorey était un fanatique de la litterature...



 
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MessagePosté le: Ven 28 Nov - 22:41 (2008)    Sujet du message: Publicité

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